Quel est le lien entre le projet de banque américaine de la famille Trump et le frère du président des Émirats arabes unis (EAU), Tahnoon bin Zayed al Nahyan ? Une affaire liée à World Liberty Financial qui interroge aux États-Unis.
World Liberty Financial : une banque américaine (trop) proche d'Abou Dhabi
La récente obtention d’une licence bancaire préliminaire par le projet crypto de la famille Trump, World Liberty Financial, met en lumière une relation très étroite avec le frère du président des Émirats arabes unis (EAU), Tahnoon bin Zayed al Nahyan, également connu sous le nom de « cheikh espion » du fait de son rôle central dans l’appareil de sécurité et de renseignement de ce pays du Moyen-Orient.
En cause, une entité soutenue par Tahnoon et ses co-investisseurs qui détient 49 % de WLTC Holdings, la société créée par World Liberty Financial pour porter ses futures activités bancaires, tandis que la famille Trump en possède 38 %. Mais également un investissement initial de 500 millions de dollars effectué par Tahnoon bin Zayed al Nahyan dans World Liberty Financial qui aurait permis de transférer 263 millions de dollars à des entités de la famille Trump.
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Une réalité qui n'a visiblement pas empêché le régulateur bancaire fédéral américain, l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC), d'accorder une autorisation préliminaire à World Liberty Financial pour lancer une banque fiduciaire nationale, destinée à émettre et gérer le stablecoin USD1.
Pourtant, le calendrier de cette nouvelle activité bancaire pose de nombreuses questions, comme par exemple les relations d'affaires entre Trump et les Émirats arabes unis au sujet de leur accès aux puces américaines destinées à l’intelligence artificielle.
Une licence bancaire avec « engagement de passivité »
En effet, après quelques péripéties suite au risque de voir ces puces arriver jusqu'en Chine, l’administration Trump a finalement autorisé leur vente directe à la société G42, une entreprise d’IA contrôlée par Tahnoon, en novembre dernier. De plus, les restrictions imposées sur la quantité ont également été levées le mois dernier, pour une durée de neuf mois au minimum.
Autant de faits intrigants qui poussent les élus démocrates à tirer la sonnette d'alarme face à un risque de conflit d’intérêts et de sécurité nationale, bien évidemment nié par l'administration Trump, alors que la professeure de droit et ancienne juriste spécialisée dans les questions d’éthique, Kathleen Clark, explique que « Trump brade la sécurité nationale américaine en échange de la maximisation de sa propre richesse ».
Et que dire de la grâce présidentielle accordée au fondateur de la plateforme d'échange de cryptomonnaies Binance, Changpeng Zhao, en octobre de l'année dernière ? D'autant plus si l'on considère l'intégration soudaine et présentée comme « centrale » de l'USD1 à sa bourse seulement quelques semaines plus tard.
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Autre fait notable, l'Office of the Comptroller of the Currency aurait exigé lors de la délivrance de sa licence bancaire préliminaire un « engagement de passivité » de la part de certains actionnaires, notamment liés à la famille Trump, aux cofondateurs de World Liberty Financial et aux investisseurs associés à Tahnoon, qui ne devront pas chercher à influencer la direction ou à prendre le contrôle de la banque.
Une démarche assez inhabituelle que le Wall Street Journal explique par une volonté de l'OCC de limiter les inquiétudes et un éventuel examen supplémentaire du Congrès, alors que certains élus démocrates exigent plus d'informations sur les véritables propriétaires de la banque et ses liens effectifs avec Tahnoon bin Zayed al Nahyan.
Source : Wall Street Journal