La BCE veut bâtir un marché européen des actifs tokenisés
La Banque centrale européenne (BCE) veut faire de la tokenisation un levier pour unifier les marchés financiers du continent. Mercredi, Piero Cipollone, membre du directoire de l’institution, a présenté à Francfort sa feuille de route pour développer la finance tokenisée en Europe.
👉 Les meilleures plateformes pour trader en stablecoins – Comparatif 2026
Le constat de départ est celui d’un marché encore très fragmenté. L’Europe compte 31 dépositaires centraux de titres, 14 chambres de compensation et 323 plateformes de négociation. En 2023, plus de 95 % des transactions sur titres ont ainsi été réglées au sein d’un même dépositaire local. Les opérations transfrontalières restent donc minoritaires.

Pour la BCE, la tokenisation offre l’occasion de repenser cette architecture plutôt que de simplement ajouter de nouvelles technologies aux infrastructures existantes.

Kraken
★ 4,9 · +600 cryptos
10 $ offerts pour votre inscriptionAvec le code CRYPTOAST
Pontes et Appia, les deux piliers de la BCE
La stratégie repose sur deux projets complémentaires. Le premier, Pontes, doit répondre aux besoins immédiats. Il permettra de connecter les plateformes utilisant la technologie des registres distribués (DLT) aux TARGET Services de l’Eurosystème.
L’objectif est notamment de permettre le règlement des actifs tokenisés directement en monnaie de banque centrale. Les titres et le paiement pourront être échangés simultanément selon le principe de « livraison contre paiement » : soit les deux parties de la transaction sont exécutées, soit aucune ne l’est.
📰 Revolut annonce le lancement de son premier stablecoin en euro (EURR)
Le lancement de Pontes est prévu le 21 septembre, selon Crowdfund Insider. Clearstream, SWIAT, Cashlink et Axiology figureraient parmi les premiers opérateurs.
Le second projet, Appia, porte sur le plus long terme. D’ici 2028, il doit aboutir à un plan directeur pour un écosystème européen intégré d’actifs tokenisés, couvrant notamment l’interopérabilité, le collatéral, le cadre juridique et la résilience des infrastructures.
Un marché disponible 24 heures sur 24
La BCE prévoit une montée en puissance progressive. Pontes fonctionnera dans un premier temps selon des horaires classiques, avant de passer à 22,5 heures par jour ouvré.
À l’horizon 2028, l’ambition est d'aboutir à une infrastructure disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, avec davantage de programmabilité et, à terme, des capacités multidevises.

La BCE identifie cependant plusieurs risques. Le premier serait de voir chaque acteur développer sa propre infrastructure sans standards communs. La tokenisation reproduirait alors la fragmentation qu’elle est précisément censée résoudre.
Autre enjeu : conserver la monnaie de banque centrale comme référence pour le règlement des transactions. Pour Piero Cipollone, des marchés tokenisés reposant uniquement sur des instruments privés, comme les stablecoins, introduiraient des risques supplémentaires de crédit et de liquidité.
Enfin, la BCE veut éviter une dépendance excessive à des infrastructures ou standards développés hors d’Europe. Derrière la tokenisation se joue donc également un enjeu de souveraineté financière et de renforcement du rôle international de l’euro.

Revolut
★ 4,8 · +280 cryptos
20 € offerts après votre inscriptionla création d'une carte virtuelle ou physique et 0,01 € dépensés
Revolut : la valeur des crypto-actifs peut varier ; vous risquez de perdre votre capital.
Un cadre juridique encore à harmoniser
Le succès du projet dépendra enfin de la capacité des différentes plateformes à communiquer entre elles, mais aussi de la coopération entre acteurs publics et privés. La BCE peut fournir l’infrastructure de règlement et l’ancrage en monnaie de banque centrale, tandis que banques, émetteurs et intermédiaires devront développer les actifs et services associés.
👉 Sur le même sujet – La tokenisation des actifs du monde réel (RWA) accumule les records
Reste également à harmoniser les règles entre les différents pays européens, notamment sur le statut des actifs tokenisés, les droits de propriété ou l’exécution des smart contracts. « Une technologie avancée ne peut compenser un droit fragmenté », résume Piero Cipollone.
Pour la BCE, l’enjeu dépasse donc la simple adoption de la blockchain : la tokenisation pourrait devenir un moyen de construire un marché européen des capitaux plus intégré, à condition de ne pas reproduire sur les réseaux numériques les frontières qui fragmentent encore la finance traditionnelle.

OKX
★ 4,7 · +270 cryptos
8 % sur vos dépôts (5 000 € max) jusqu'au 31 aoûtEt jusqu'à 300 offerts selon les actions effectuées
Sources : Discours de Piero Cipollone, BCE, Cyprus Mail, Crowdfund Insider, IEU Monitoring