StarkWare a exécuté la 1ère transaction Bitcoin conçue pour résister à un attaquant disposant d’un ordinateur quantique capable de casser ECDSA. La démonstration fonctionne sans modifier le protocole, mais est-ce une solution qui pourrait complètement protéger Bitcoin d'une attaque quantique ?

StarkWare exécute une transaction résistante au quantique sans soft fork

La sécurité des transactions Bitcoin repose aujourd’hui sur ECDSA ou Schnorr, 2 systèmes de signature qui pourraient être cassés par l’algorithme de Shor si un ordinateur quantique suffisamment puissant venait à voir le jour. Un tel attaquant serait alors capable de retrouver une clé privée à partir de sa clé publique, puis de signer une transaction à la place de son propriétaire.

Le sujet de l'attaque quantique peine à trouver un consensus sur le moment où une telle attaque sera possible, mais aussi sur le fait qu'elle est seulement possible.

En théorie, un ordinateur quantique suffisamment puissant pourrait s'attaquer aux BTC dont la clé publique est visible sur la blockchain, c'est-à-dire pour les vieux types de transactions, mais également pour les transactions actuelles qui révèlent la clé publique avant la confirmation d'une transaction, laissant théoriquement quelques minutes à un attaquant pour voler les fonds.

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Cette semaine, StarkWare a annoncé avoir exécuté sur le mainnet la 1ère transaction Bitcoin conçue pour résister à ce type d’attaque. La méthode, baptisée Quantum-Safe Bitcoin (QSB), a été imaginée par Avihu Levy, responsable de la division Applications de StarkWare, puis détaillée dans un papier publié au mois d'avril 2026.

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Annonce de StarkWare

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QSB referme la fenêtre permettant ce type d’attaque en ajoutant, en parallèle du verrou existant, un 2d verrou résistant au quantique, fondé sur des fonctions de hachage plutôt que sur des courbes elliptiques. L’algorithme de Shor ne peut pas casser les fonctions de hachage. La meilleure attaque quantique connue contre ces dernières permettrait d’accélérer une recherche par force brute, mais pas suffisamment pour mener l’attaque à bien.

Le protocole QSB de Starkware ne transforme donc pas Bitcoin et ne lui ajoute aucune nouvelle fonction, en pratique, le système exploite plutôt les règles existantes de Bitcoin Script pour créer une autorisation fondée sur des fonctions de hachage, auxquelles Shor ne permet pas de s’attaquer comme à ECDSA ou Schnorr.

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Le chemin vers un Bitcoin post-quantique reste encore long

La démonstration de StarkWare ne démontre pas que Bitcoin est maintenant entièrement résistant aux ordinateurs quantiques. QSB protège uniquement des BTC déplacés à l’avance vers un output spécialement construit. Une fois un attaquant quantique opérationnel, le mécanisme ne permettrait pas de sauver les fonds dont la clé publique est déjà exposée, et leur migration nécessiterait encore une transaction classique.

De plus, pour dépenser les BTC, le logiciel teste un très grand nombre de variantes jusqu’à trouver des empreintes que Bitcoin accepte comme des signatures valides. Cette recherche, appelée « signature grinding », demande plusieurs centaines de dollars de calcul GPU.

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Une transaction Bitcoin QSB nécessite en réalité 2 transactions on-chain, qui occupent ensemble environ 11 000 vB, soit près de 80 fois la taille d’une transaction SegWit classique. Leur format non standard empêche aussi leur relais par les nœuds ordinaires, StarkWare a donc dû les transmettre directement au mineur MARA par son service Slipstream.

Les transactions QSB constituent ainsi un mécanisme d’urgence pour certains fonds préparés à l’avance, tandis qu’une protection générale nécessiterait toujours une mise à jour du protocole.

Source : StarkWare